Gravé dans la mémoire : Entretien avec Maria Adjovi
Née à Porto-Novo, au Bénin, Maria Adjovi a grandi auprès de sa mère. À travers des processus d’effacement, de superposition et de répétition des couleurs, elle explore la religion, les souvenirs familiaux et l’ambiguïté des relations humaines. Lara Xenia s’entretient avec Adjovi au sujet de son processus.
Interview conducted in French. Scroll down for the English translation.
Figure 1: Maria Adjovi, Avant l’aube, mes espérances embrassent le vent et s’élèveront dans la nuit, 2023, huile sur toile, 15,75 × 11,81 pouces (40 × 30 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
Lara Xenia: À quoi ressemblait ton enfance ?
Maria Adjovi: Je suis née et j'ai grandi à Porto-Novo. Après le divorce de mes parents, ma mère nous a élevés seule, ce qui fut une période difficile. À l'université, j'ai décidé d'étudier la communication d'entreprise et j'ai passé une année à apprendre l'anglais, dans l'espoir d'intégrer un programme de relations internationales. J'ai participé à un concours littéraire et j'ai remporté une bourse d'études, ce qui m'a permis de suivre une formation de deux ans dans une école de journalisme au Bénin. J'ai donc étudié ces deux disciplines en parallèle pendant deux ans. Voilà un bref aperçu de mon passé [elle sourit].
LX: C'est intéressant que tu aies fait du journalisme. Dans quoi puises-tu ton inspiration artistique ?
MA: Je pense que mon approche se nourrit de mes souvenirs personnels et de mon enfance. Il y a certaines blessures dont je ne peux parler, mais la peinture m'a permis de guérir. Pour moi, une image reste gravée dans ma mémoire ; je réinterprète alors ces événements à la lumière de ce que je vois, de ce que je vis et de ce que je lis, afin de créer une narration.
LX: L'art peut être véritablement salvateur. J'aime l'attention minutieuse que tu portes aux détails architecturaux et aux figures dans tes œuvres, ainsi que la manière dont, de loin, les parties « floues » de la toile semblent diffuses, alors que de près, elles révèlent une précision exceptionnelle. Pourrais-tu me parler de ton processus créatif [elle désigne un tableau inachevé] ?
Figure 2.1: Maria Adjovi, Au seuil des espérances [en progrès], 2025, huile sur toile, 78,74 × 66,92 pouces (200 × 170 cm). Photo : avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
MA: Avant d'entamer une toile, j'ai déjà souvent une vision claire de ce que je souhaite transmettre et représenter. J'attends le moment où tout se met en place pour commencer à peindre. Ici, j'ai d'abord peint l'élément de la porte, puis j'ai progressivement intégré divers détails tirés de mes observations. J'ai construit cette composition à l'aide de taches de peinture et d'autres textures, afin de fondre les couleurs harmonieusement.
Figure 2.2: Maria Adjovi, Au seuil des espérances, 2025, huile sur toile, 78,74 × 66,92 pouces (200 × 170 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
Figure 3: Vue de l'atelier de l'École des Beaux-Arts, 2025. Photo: Lara Xenia Mashayekh
Pour moi, une image reste gravée dans ma mémoire, et je réinterprète ces événements à la lumière de ce que je vois, vis et lis, afin de créer un récit.
Figure 4: Vue de l’atelier montrant la palette de peinture de Maria Adjovi. Photo: Lara Xenia Mashayekh
LX: C’est beau. J’aime la façon dont, dans cette œuvre, la femme au repos savoure un moment avec son livre. Le caractère indéfini de l’espace me laisse me demander si la scène se déroule dans sa chambre ou dans son esprit. Qu’est-ce qui t’a inspiré pour la créer, et comment l’as-tu réalisée ?
MA: Elle est réalisée à la térébenthine et à l’huile de lin. J’aime « effacer » le visage au pinceau, en appliquant les couleurs pour ensuite tout reprendre. Je n’ai pas encore tout à fait terminé la composition du tableau, mais je pense que le personnage finira par prier. Pour moi, la scène dépeint une vision chrétienne de la prière ou de la communion. Comme modèles ou références, je me photographie souvent moi-même, même si le résultat ne me ressemble pas exactement. Sinon, il m’arrive parfois de demander à mes amis ou à ma famille de poser pour moi, principalement pour saisir une attitude ou une scène théâtrale.
Figure 5.1: Maria Adjovi, De cure de cure, 2025, huile sur toile, 78,74 × 66,92 pouces (200 × 170 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
Figure 5.2: Maria Adjovi, De cure de cure [détail], 2025, huile sur toile, 78,74 × 66,92 pouces (200 × 170 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
LX: Il est intéressant de voir à quel point tu as réussi à transmettre une telle richesse de sens à travers les vêtements et les postures des personnages. J’aime aussi la façon dont tu utilises le violet dans tes œuvres, que ce soit pour les ombres ou pour évoquer cette connexion empreinte de tendresse—ce moment où ton père pose ce tissu sur ton épaule—ainsi que cette retenue que tu exprimes par le placement des mains. Il est évident que chaque choix que tu opères au sein de tes compositions est extrêmement délibéré et méticuleux. L’ensemble dégage une certaine sérénité, même si le geste conserve une légère tension.
MA: Oui, notamment avec cette main placée dans le dos. Lorsque je peins, chacun de mes choix est délibéré. Tu peux le constater ici [elle désigne une autre œuvre]. Pour celle-ci, c’est ma sœur qui a posé pour moi ; je souhaitais aborder le thème de la prière et de la foi, car j’ai grandi dans un environnement très religieux. C’est un sujet qui fait partie intégrante de mon histoire et que je m’efforce désormais d’explorer à travers la peinture.
Figure 6.1: Maria Adjovi, Prière du vieux Cupidon, 2023, huile sur toile, 63,78 × 51,18 pouces (162 × 130 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
LX: Oh, intéressant. Comment as-tu vécu cela ?
MA: En vieillissant, j'ai appris à percevoir les systèmes de croyances avec davantage de nuances. Je pense souvent à l'enfant qui reçoit et intègre des idées sur le monde ou sur les religions, et à l'adulte qui doit, à son tour, prendre son envol, s'affranchir et trouver sa propre voie. Il existe en moi un très fort désir d'autonomie. Dans mon travail, les mains et la peau incarnent cela dans une certaine mesure…tout comme notre humanité, ainsi que ce que nous donnons et ce à quoi nous nous raccrochons. J'aime les peindre et les observer. Il y a quelque chose de très puissant dans ce geste, comme une prière. Les taches blanches, par exemple, pourraient évoquer des fleurs, mais elles s'apparentent davantage à des motifs, des ombres ou du feuillage. Elles ne sont pas toujours clairement identifiables, mais j'apprécie leur présence subtile, tout comme la manière dont la lumière joue avec les ombres. Je suis profondément touchée par cette atmosphère et par ce qu'elle véhicule.
Figure 6.2: Maria Adjovi, Prière du vieux Cupidon [détail], 2023, huile sur toile, 63,78 × 51,18 pouces (162 × 130 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
LX: C’est magnifique. Le motif de la porte est-il inspiré de quelque chose en particulier ?
MA: Oui, c’est un détail d’une porte à Paris. Chaque tableau est une fenêtre, mais pas au sens littéral. C’est une ouverture sur un souvenir, un sentiment ou un moment intérieur. J’ai toujours été fascinée par les portes, car elles sont intimes. On peut toujours se cacher derrière l’une d’elles, dans son cœur ou dans sa solitude, comme dans un refuge. De l’extérieur, on ignore ce qui se passe ; on ne voit que la façade. Quelqu’un pleure peut-être derrière, ou est au comble de la joie, mais tu ne le sauras jamais si cette personne ne t’ouvre pas sa porte.
Figure 6.3: Maria Adjovi, Prière du vieux Cupidon [détail], 2023, huile sur toile, 63,78 × 51,18 pouces (162 × 130 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
LX: Donc, cela fonctionne pour toi comme une barrière, au sens propre comme au sens figuré ?
MA: Oui, exactement. Dans les grands formats, il y a davantage de moi, et davantage de tout ce que je souhaite accomplir et intégrer.
LX: À quoi penses-tu quand tu peins ?
MA: C’est une bonne question [rires]. Honnêtement, je ne pense à rien d’autre lorsque je peins. La peinture me donne le sentiment d’être aimé. C’est le refuge ultime. Je me sens en paix, mais c’est aussi une force motrice qui me pousse à aller de l’avant. J’écoute de la musique et, parfois, je regarde des films. Il m’arrive même de regarder le même film chaque jour, pour retrouver la même émotion à la fin et ressentir à nouveau cette sensation. Il peut s’agir d’éléments du quotidien, comme des comédies ou des drames.
Un ami m’a dit un jour : « Écoute, aime ce que tu fais. » Il m’a parlé de la nécessité d’accepter le rythme des choses. Je pense que beaucoup d’artistes fonctionnent un peu de cette manière : ils recommencent sans cesse. Il y a des moments où nous nous trouvons dans un état particulier, où nous nous sentons bien, et nous revenons toujours à la même chose, comme une quête perpétuelle.
La peinture me fait me sentir aimé. C’est le refuge ultime.
LX: C’est une excellente philosophie de vie. Trouves-tu de l’inspiration chez d’autres artistes ?
MA: Oui, je m’intéresse beaucoup à Poussin en ce moment. J’aime particulièrement ces visages un peu distants, souvent plongés dans l’ombre, baignés d’une lumière légèrement rougeâtre. Cela me touche profondément. Je ne suis pas sûr de parvenir encore à reproduire exactement cet effet dans mon propre travail, mais j’observe énormément et j’apprends à adopter cette perspective [rires].
Figure 7: Nicolas Poussin, La découverte de Moïse, 1647, huile sur toile, 76,75 × 47,25 pouces (194,95 × 120,02 cm), Musée du Louvre, Paris, France. Photo: avec l'aimable autorisation du Musée du Louvre, France
LX: Quand as-tu décidé de devenir artiste ?
MA: Ah, bonne question…Je ne sais pas [rires]. Je crois qu'en fait, c'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Probablement après ma licence, lorsque j'ai effectué des stages et que j'ai réalisé que ce n'était pas fait pour moi [rires]. Je voulais avoir quelque chose qui m'appartienne, et prendre mes propres décisions.
LX: Trouves-tu que tes sujets évoluent lorsque tu peins dans des lieux différents, par exemple à Porto-Novo par rapport à Paris ?
MA: Le sujet reste souvent le même, mais l'environnement y apporte une nuance. Les tissus y jouent souvent un rôle important. Ils sont issus de mon histoire et de ma culture, et finissent presque par devenir des paysages ou des formes architecturales qui entourent les figures.
LX: Ton style pictural semble avoir beaucoup évolué au fil du temps. Ce tableau est très puissant.
Figure 8: Maria Adjovi, Samson et Delilah [détail], 2024, dimensions variables. Photo: avec l'aimable autorisation de Maria Adjovi
MA: Je voulais proposer une interprétation personnelle de l'histoire de Samson et Dalila. J'aime énormément la mythologie et les récits bibliques, car ils continuent de trouver un écho en chacun de nous. C'est assurément une évolution de mon style, et j'embrasse désormais cette forme de manière plus assumée. J'apprécie particulièrement les allusions et les références subtiles. J'aime l'idée qu'une image puisse suggérer sans tout dévoiler. Il ne s'agit pas d'une illustration directe, mais plutôt d'une transformation. On y retrouve peut-être un motif récurrent, presque un motif décoratif, mais pour moi, ce n'est pas qu'une simple forme : il y a une histoire derrière. Ce que j'aime, c'est lorsque les gens prennent le temps d'observer et de réfléchir. Je trouve cela magnifique. Ce n'est pas une scène réaliste, c'est davantage une scène d'ordre quasi mythologique, et c'est un point essentiel pour moi. Il émane une certaine puissance de cette dimension symbolique.
LX: J'adore. J'ai, moi aussi, été fasciné par cette œuvre. Qui représente-t-elle ?
Figure 9: Maria Adjovi, Pépé, 2024, huile sur toile, dimensions variables. Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
MA: Ah, oui. Un homme m'a contactée après avoir découvert mon travail sur Instagram et m'a demandé de dessiner sa grand-mère. Il m'a raconté son histoire de vie, celle d'une éleveuse de poules. J'ai été très touchée ; j'ai donc décidé de réaliser une peinture à ce sujet. J'ai passé des heures à l'observer, à apprendre à la connaître. Certaines de mes œuvres font directement écho à mon histoire familiale et à ma culture. Les histoires de famille, comme celle de cette femme qui travaillait seule au marché pour subvenir aux besoins de ses enfants, revêtent une grande importance à mes yeux. Ce sont des histoires de courage discret ; elles nourrissent mon imaginaire sans pour autant se muer en simples illustrations littéraires.
LX: C'est magnifique. J'aime la manière dont ton travail explore les relations familiales, les tiennes comme celles d'autrui, ainsi que la place centrale qu'occupent les femmes dans ton œuvre.
MA: Oui, ma mère est souvent un point central de mon travail, mais en fin de compte, c’est l’idée du don qui m’inspire. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que signifie véritablement donner, et qu’offrons-nous réellement lorsque nous aimons ? Au-delà de la dimension religieuse, je reviens sans cesse à cette question. Ce concept de « don » sacrificiel traverse mon œuvre, incarné par la figure maternelle et la notion de protection. Mes choix chromatiques, et tout particulièrement le rouge, contribuent à cette intensité. Pour moi, le rouge agit comme un cri visuel, se situant quelque part entre mes rêves, mes larmes et mes cris. Il incarne à la fois la vulnérabilité et la force, ainsi que le désir de protéger. Le rouge peut signifier une voix. Il ne se réduit pas à la douleur ; c’est un cri intérieur qui protège, s’affirme et résiste.
LX: C’est magnifique. Je serais curieuse de connaître ton point de vue sur la générosité des femmes. Pourquoi ce sujet est-il si important pour toi ?
Figure 10: Maria Adjovi, Le cri d’amour, 2024, huile sur toile, 51,18 × 38,19 pouces (130 × 97 cm). Photo: avec l’aimable autorisation de l’artiste © Maria Adjovi
MA: Oui, car elle est souvent sous-estimée ou mal comprise. Les expériences des femmes sont complexes, parfois difficiles, voire invisibles. J’essaie de les représenter sans tomber dans le piège du victimisme ou de la pitié. Chaque fois que j’aborde un sujet, je m’efforce de l’imprégner de puissance. Ce qui m’intéresse, c’est de saisir leur force intérieure, leur dignité et leur résilience. À un certain moment, nous n’avons plus voulu nous taire. Il y a cette idée de prendre la parole, notamment pour témoigner des expériences féminines.
Chaque fois que j'aborde un sujet, je m'efforce de l'imprégner de puissance.
Pour cette œuvre, j’avais à l’esprit le récit biblique de la « Femme au Temple ». Dans cette histoire, une femme fait don de l’unique pièce de monnaie qu’elle possède au Temple, tandis que des hommes fortunés offrent des sommes considérables. Ce geste m’a profondément touché ; bien que modeste, il reflète un degré d’altruisme et de dévotion absolue. Il me rappelle à quel point l’amour maternel peut être à la fois discret et inconditionnel. La vie est jalonnée d’épreuves difficiles, comme le divorce, par exemple, mais mon travail ne cherche pas à illustrer la souffrance. Il transforme ces tensions en énergie. La peinture devient alors une force motrice, une énergie vitale. C’est là que tout commence.
LX: Cette œuvre en particulier est-elle inspirée par ta mère ?
MA: Oui, en partie. Surtout sa générosité. Ce n’est pas un portrait fidèle, mais il y a une ressemblance. On me dit souvent que nous avons le même visage. Je m’intéresse aussi à cette idée de continuité, du « même visage, mais à une autre époque ». Certaines scènes sont très intenses. Il y a même un poignard, mais c’est avant tout une histoire que j’ai imaginée. Une histoire d’amour, peut-être, avec sa part d’ambiguïté.
LX: Quelle est l'histoire derrière cette œuvre ?
Figure 11: Maria Adjovi, Devoir de promesse, 2025, huile sur toile, 78,74 × 70,86 pouces (200 x 180 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
Figure 12: Vue de l'atelier de l'École des Beaux-Arts, 2025. Photo: avec l’aimable autorisation de Maria Adjovi
MA: C’est une peinture très personnelle. Je traversais alors une période de transformation et j’avais le sentiment d’être suspendu entre plusieurs versions de moi-même. Les trois figures représentent différentes facettes de mon identité. Elles symbolisent le passé, le présent et une projection vers l’avenir. Il m’arrive parfois de réaliser des portraits fragmentés ou différentes versions de moi-même. J’aime explorer la manière dont les identités ne sont pas figées. Peindre mon visage ou mon corps est une façon de me confronter à moi-même ou de me réinventer. Cette œuvre est importante, car elle marque un tournant. À partir de ce moment-là, j’ai pleinement embrassé l’autoportrait, y voyant un espace de transformation.
LX: J’aime ce dédoublement des figures dans cette œuvre, ainsi que son iconographie [elle désigne l’œuvre du geste].
Figure 13: Maria Adjovi, La négation du jugement [détail], 2023, huile sur bois, 48,03 × 15,35 pouces (122 × 39 cm). Photo: avec l'aimable autorisation de l'artiste © Maria Adjovi
MA: Ah oui, c’est une référence à la figure du Christ. Je suis très inspiré par l’iconographie de la Passion. L’idée que quelqu’un puisse souffrir pour le monde m’a profondément marqué lorsque j’étais enfant. Et, en même temps, je pense que cela renvoie aussi à des histoires individuelles. Chacun porte sa propre souffrance. Il y a une sorte d’universalité dans la Passion de cet homme que nous ne connaissons pas, mais qui peut parler à chacun.
LX: C’est une interprétation intéressante. J’aime la façon dont la composition est structurée par ces plans dorés, empreints d’idolâtrie, ainsi que l’accent que tu mets sur les couleurs saturées et les vêtements. Qu'espères-tu faire une fois tes études terminées ? As-tu une exposition idéale en tête ?
Figure 14: Maria Adjovi, Sans titre, 2024, huile sur toile, dimensions variables. Photo: avec l’aimable autorisation de l’artiste © Maria Adjovi
MA: J’adorerais exposer dans certaines galeries que j'admire—et notamment dans une galerie en particulier, dont je préfère taire le nom [elle sourit]. J'aimerais aussi beaucoup effectuer une résidence artistique ; celle de la Casa de Velázquez, en Espagne, me tente tout particulièrement. Cela me permettrait de disposer d'une année entière pour me consacrer exclusivement au développement d'un projet. Ce serait un rêve devenu réalité ! [elle rit] Je compte tenter ma chance l'année prochaine.
LX: Oui, ce serait absolument incroyable. De quoi es-tu la plus fière aujourd'hui ?
MA: Je crois avoir toujours fait preuve d'une certaine confiance en moi. Certes, je suis un peu introvertie, et plutôt solitaire de nature… mais j'ai toujours veillé à faire ce qui me tenait à cœur, sans jamais baisser les bras. Je ne me le dis pas souvent, mais je suis vraiment fière de moi, de mon parcours et de tout ce que je suis en train de bâtir. Après tout, j'ai toujours rêvé d'être libre de peindre et de venir étudier aux Beaux-Arts de Paris… et aujourd'hui, je vis ce rêve. C'est très important pour moi [sourit].
Maria Adjovi
Maria Adjovi (née en 1996, Porto-Novo, Bénin) obtient, en 2024, le prix des Amis des Beaux Arts, "prix Weil" (Paris, France) ainsi que la bourse Diptyque des Beaux Arts (Paris, France). Elle est cette même année nominée pour le prix Ellipse. Elle vit et travaille à Paris ou elle effectue sa quatrième année à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
La peinture de Maria Adjovi s’élabore comme un récit intérieur, tissé de mots, de souvenirs et de scènes mises en image. Son travail prend racine dans des histoires intimes, dans des fragments d'existence chargés d’affect, qu’elle transforme en matière picturale. Ce récit, traversé d’éléments autobiographiques, devient un terrain d’exploration et traduit les questionnements de l’artiste sur sa présence au monde.
Maria Adjovi évoque une « morale de vie », presque comme un fardeau ; le poids de nos contradictions, de nos croyances, de nos responsabilités d’exister. Ses toiles tentent de saisir la densité de cette condition humaine, faite de foi vacillante, d’attachements, d’élans et de doutes. Cette tension se manifeste dans ses œuvres par des figures enveloppées de lumière, par un geste pictural où l’effacement est aussi essentiel que l’apparition. Elle construit ses images lentement, dans une écriture plastique nourrie de photographies, de textes et de l’étude de l'histoire de l’art. Ses personnages semblent surgir d’un ailleurs—à la fois lointain et familier—dans une lumière chaude et voilée. La peinture à l’huile, par ses transparences et sa profondeur, permet à Maria Adjovi de déployer une atmosphère trouble et feutrée, où les contours s’effacent peu à peu. Les corps semblent se dissoudre dans la lumière, dans un geste délicat qui rappelle le sfumato des peintres de la Renaissance italienne.
Elle dit vouloir « livrer une vérité »—non pas spectaculaire, mais sensible—transmise par le regard, le silence, la vibration d’une présence fragile. À travers ce travail d’effacement et de recommencement, Maria Adjovi nous invite à ralentir, à contempler, à faire place à ce qui ne s’impose pas mais persiste.
Instagram: https://www.instagram.com/mariaadjovi/
Etched in Memory: In Conversation with Maria Adjovi
Born in Porto Novo, Benin, Maria Adjovi grew up with her mother. Through processes of erasure, layering, and the repetition of colors, she explores religion, family memories, and the ambiguity of human relationships. Lara Xenia speaks with Adjovi about her process.
Figure 1: Maria Adjovi, Before dawn, my hopes embrace the wind and will rise at night, 2023, oil on canvas, 15.75 × 11.81 inches (40 × 30 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
Lara Xenia: What was your childhood like?
Maria Adjovi: I was born and raised in Porto-Novo. After my parents got divorced, my mother raised us on her own, which was difficult. At university, I decided to study corporate communications and spent a year learning English with the hopes of attending an international relations program. I entered a literature competition and won a scholarship, which allowed me to complete a two-year program at a journalism school in Benin. So I studied both subjects for two years. That's a little glimpse into my past [smiles].
LX: That’s interesting that you did journalism. What do you draw upon for your artistic inspiration?
MA: I think my approach draws from my personal memories and my childhood. There are many wounds I can't talk about, but painting has allowed me to heal. For me, an image remains etched in my memory, and I reinterpret those events in light of what I see, experience, and read, to create a narrative.
LX: Art can be really healing. I love how closely you pay attention to architectural details and to figures in your works, and how, from a distance, the "blurred" parts of the canvas appear diffuse, but up close it’s exceptionally precise. Could you tell me about your process [gestures to unfinished painting]?
Figure 2.1: Maria Adjovi, On Hope’s Threshold [in progress], 2025, oil on canvas, 78.74 × 66.92 inches (200 × 170 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
Figure 2.2: Maria Adjovi, On Hope’s Threshold, 2025, oil on canvas, 78.74 × 66.92 inches (200 × 170 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
MA: Before starting a canvas, I often already have a pretty clear vision of what I want to convey and to depict. I wait for the moment when everything comes together to start painting. Here, I first painted the door element, then I gradually incorporated different details from things that I observed. I assembled this composition using paint stains and other textures to blend the colors harmoniously.
Figure 3: Studio view at the École des Beaux-Arts, 2025. Photo: Lara Xenia Mashayekh
For me, an image remains etched in my memory, and I reinterpret those events in light of what I see, experience, and read, to create a narrative.
Figure 4: Studio view of Maria Adjovi’s paint palette. Photo: Lara Xenia Mashayekh
LX: Nice. I like how in this work, the woman in repose is enjoying a moment with her book. The undefined nature of the space leaves me wondering whether it’s unfolding in her room or in her mind. What inspired you to create it and how did you render it?
MA: It’s made with turpentine and linseed oil. I like to “erase” the face with a brush by applying the colors and starting again. I haven't quite finished composing the painting yet, but I think the person is going to be praying. For me, the scene depicts a Christian vision of prayer or communion. As models or references, I’ll often photograph myself, even if the result doesn't exactly look like me. Otherwise, I’ll sometimes ask my friends and family to pose for me, mainly to capture an attitude or a theatrical scene.
Figure 5.1: Maria Adjovi, From healing to healing, 2025, oil on canvas, 78.74 × 66.92 inches (200 × 170 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
Figure 5.2: Maria Adjovi, From healing to healing, 2025, oil on canvas, 78.74 × 66.92 inches (200 × 170 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
LX: Very cool. What is unfolding in this scene [gestures to painting]?
MA: This scene represents a conversation between me and my father. I tried to reinterpret a letter I had sent to him. I think it's the last painting of mine that still connects me to a painful period of my childhood; it’s a period I want to heal from, so painting is therapeutic for me. There’s something very human about this work. I was trying to create a pattern around the hands to express my emotions.
LX: It's interesting how you've conveyed so much through the characters' clothing and posturing. I also love how you use purple in your work for the shadows and the tender connection where your father drapes this cloth over your shoulder and your restraint with your hands. It’s clear that every choice you make within your compositions is very deliberate and meticulous. It exudes a certain serenity, even though there’s still a slight tension in the gesture.
MA: Yes, with the hand behind. When I paint, every choice I make is deliberate. You can see that here [gestures to other work]. For this one, my sister posed for me, and I wanted to work on the theme of prayer and faith because I grew up in a very religious environment. It's a subject that's part of my story, and one that I'm now trying to explore through painting.
Figure 6.1: Maria Adjovi, Old Cupid’s Prayer, 2023, oil on canvas, 63.78 × 51.18 inches (162 × 130 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
LX: Oh, interesting. What was that like for you?
MA: I've learned to see belief systems as more nuanced as I’ve grown older. I often think of the child who receives and believes ideas about the world or religions, and the adult who must also take flight, break free, and find their own path. There's a very strong desire for autonomy within me. In my work, hands and skin represent this to some extent, like our humanity, and what we give and hold onto. I love to paint and observe them. There's something very powerful in this gesture, like a prayer. The white patches, for example, might suggest flowers, but they are more like patterns, shadows, or foliage. They're not always distinguishable, but I like their subtle presence and I like the way the light plays with the shadows. I'm moved by the atmosphere and what it conveys.
Figure 6.2: Maria Adjovi, Prayer of Old Cupid [detail], 2023, oil on canvas, 63.78 × 51.18 inches (162 × 130 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
LX: That’s beautiful. Is the door motif inspired by anything?
MA: Yes, it's a detail of a door in Paris. Every painting is a window, but not in the literal sense. It's an opening onto a memory, a feeling, or an inner moment. I’ve always been fascinated by doors because they're personal. You can always hide behind one, in your heart or in your solitude, as a refuge. From the outside, you don't know what's happening; you only see the façade. Someone might be crying or elated behind it, but you'll never know if that person doesn't open their door to you.
Figure 6.3: Maria Adjovi, Prayer of Old Cupid [detail], 2023, oil on canvas, 63.78 × 51.18 inches (162 × 130 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
LX: So it functions as a literal and figurative barrier for you?
MA: Yes, exactly. In the larger formats, there's more of me, and more of everything I want to do and incorporate.
LX: What do you think about when you paint?
MA: That's a good question [laughs]. Honestly, I don't think about anything else when I paint. Painting makes me feel loved. It’s the ultimate refuge. I feel at peace, but it’s also a driving force and pushes me forward. I listen to music and sometimes I watch films. I’ll even watch the same film every day, to capture the same emotion at the end and to feel that sensation again. It can be everyday elements, like comedies or drama.
A friend of mine told me, "Listen, love what you do." He talked to me about having to accept the rhythm of things. I think a lot of artists work a bit like that where they start things over and over again. There are times when we are in a particular state, when we feel good, and we always come back to the same thing, like a constant search.
Painting makes me feel loved. It’s the ultimate refuge.
LX: That's a great philosophy to live by. Do you find inspiration in other artists?
MA: Yes, I'm currently looking at a lot of Poussin. I particularly like those somewhat distant faces that’re often in shadow, with a slightly reddish light. It really moves me. I'm not sure I can quite achieve that exact effect in my work yet, but I observe a lot and am learning how to adopt that perspective [laughs].
Figure 7: Nicolas Poussin, The Finding of Moses, 1647, oil on canvas, 76.75 × 47.25 inches (194.95 × 120.02 cm), Musée du Louvre, Paris, France. Photo: courtesy Musée du Louvre, France
LX: When did you decide to become an artist?
MA: Ah, good question…I don't know [laughs]. I think it was actually the other way around. Probably after my bachelor's degree, when I did internships and realized it wasn't for me [laughs]. I wanted to have something of my own, and to make my own decisions.
LX: Do you find that your subject matter evolves when you paint in different places, like in Porto-Novo versus in Paris?
MA: The subject often remains the same, but the environment changes something. Fabrics often take on an important role. They come from my history and my culture, and almost become landscapes or architectural forms that surround the figures.
LX: Your painting style seems to have evolved a lot over time. This tableau is very powerful.
Figure 8: Maria Adjovi, Samson et Delilah [detail], 2022, dimensions variable. Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
MA: I wanted to offer a personal interpretation of the story of Samson and Delilah. I really love mythology and biblical stories because they can continue to resonate with each of us. It’s certainly an evolution in my style, and I now am embracing this form more fully. I really like allusions and subtle references. I love the idea that an image can suggest without showing everything. It's not a direct illustration, it's more of a transformation. There might be a recurring motif, almost like a pattern, but for me it's not just a form; there's a story behind it. What I like is when people take the time to look and think. I find it beautiful. It's not a realistic scene, it's more of an almost mythological one, and that's important to me. There's a power in this symbolic dimension.
LX: I love it. I was also fascinated by this work. Who does it represent?
Figure 9: Maria Adjovi, Pépé, 2024, oil on canvas, dimensions variable. Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
MA: Ah, yes. A man contacted me after seeing my work on Instagram and asked me to draw his grandmother. He told me about her life story as a chicken farmer. I was very moved, so I decided I wanted to create a painting about it. I spent hours looking at her and getting to know her. Some of my works directly echo my family history and culture. Family stories, like that of this woman who worked alone at the market to provide for her children, are meaningful to me. They are stories of quiet courage and they nourish my imagination without becoming literary illustrations.
LX: It's beautiful. I love how your work explores your own family relationships and that of others, and the centrality of women in your work.
Figure 10: Maria Adjovi, Love’s Cry, 2024, oil on canvas, 51.18 × 38.19 inches (130 × 97 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
MA: Yes, my mother is often a focal point in my work, but ultimately, I’m inspired by the idea of giving. How far do we go for love? What does it truly mean to give, and what are we really offering when we love? Beyond the religious dimension, I keep returning to that question. This concept of sacrificial “giving” runs through my work, in the form of the maternal figure and the notion of protection. My color choices, especially red, contribute to this intensity. For me, red acts as a visual cry, somewhere between my dreams, my tears, or my screams. It embodies vulnerability and strength, and the desire to protect. Red can signify a voice. It is not just pain, but it’s an inner cry that protects, affirms, and resists.
LX: That’s beautiful. I’m curious about your perspective on women’s generosity. Why is this so important to you?
MA: Yes, because it's often underestimated or misunderstood. Women's experiences are complex, and sometimes difficult, and invisible. I try to represent it without falling into victimhood or pity. Every time I tackle a subject, I strive to imbue it with power. I’m interested in capturing their inner strength, dignity, and resilience. At a certain point, we no longer wanted to be silent. There is this idea of speaking out, especially about women's experiences.
Every time I tackle a subject, I strive to imbue it with power.
For this work, I was thinking about the biblical story of the “Woman at the Temple”. In the tale, a woman gives the only coin she has to the temple, while wealthy men offer considerable sums. This gesture profoundly affected me because it’s modest, but it reflects a level of absolute devotion to altruism. It reminds me of how maternal love can be both discreet and unconditional. Life is full of difficult tests, like divorce, but my work doesn't seek to illustrate suffering. It transforms these tensions into energy. Painting then becomes a driving force and a vital energy. That's where it all begins.
LX: Is this particular work inspired by your mother?
MA: Yes, in part. Especially her generosity. It's not a faithful portrait, but there's a resemblance. People often say we have the same face. I'm also interested in that idea of continuity, of the “same face, but a different time." Some scenes are very intense. There's even a dagger, but above all, it's a story I imagined. A love story, perhaps, with its share of ambiguity.
LX: What's the story behind this work?
Figure 11: Maria Adjovi, The Duty to Keep a Promise, 2025, oil on canvas, 78.74 × 70.86 inches (200 × 180 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
Figure 12: Studio view at the École des Beaux-Arts, 2025. Photo: courtesy the artist
MA: This is a very personal painting. I was going through a period of transformation at the time, and felt like I was between several versions of myself. The three figures represent different facets of my identity. They signify the past, the present, and a projection into the future. Sometimes I’ll make fragmented portraits or different versions of myself. I like exploring how identities aren’t fixed. Painting my face or my body is a way of confronting or reinventing myself. This work is important because it marks a turning point. From that point on, I fully embraced self-portraiture, as a transformative space.
LX: I like the doubling of figures in this work and the iconography [gestures to work].
Figure 13: Maria Adjovi, The Negation of Judgement [detail], 2023, oil on wood, 48.03 × 15.35 inches (122 × 39 cm). Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
MA: Ah yes, this is a reference to the figure of Christ. I’m very inspired by the iconography of the Passion. The idea that someone could suffer for the world really struck me as a child. And at the same time, I think it also refers to individual stories. Everyone carries their own suffering. There’s a kind of universality in the Passion of this man we don't know, but it can speak to everyone.
LX: That’s an interesting interpretation. I like the way the composition is structured by the idolatrous golden planes, and your emphasis on saturated colors and clothing. What do you hope to do after your studies? Do you have an ideal exhibition in mind?
Figure 14: Maria Adjovi, Untitled [detail], 2024, oil on canvas, dimensions variable. Photo: courtesy the artist © Maria Adjovi
MA: I would love to exhibit in some galleries I admire, and in one gallery in particular that I prefer not to name [smiles]. I would also love to do a residency, especially the one at the Casa de Velázquez in Spain. That would give me a year to dedicate myself entirely to work on a project. It’d be a dream come true [laughs]. I'm going to try it next year.
LX: Yes, that would be incredible. What are you most proud of?
MA: I think I've always had a certain self-confidence. I'm admittedly a bit introverted, and a bit of a loner, but I've always made sure to do what I want, and I've never given up. I don't say it to myself often, but I'm really proud of myself and of my journey, and of everything I'm building because I've always wanted to be free to paint and to come and study at the Beaux-Arts in Paris, and I'm living that dream. It's very important to me [smiles].
Maria Adjovi
Maria Adjovi (b. 1996, Porto-Novo, Benin) received the Prix des Amis des Beaux-Arts–Weil Prize (Paris, France) and the Diptyque Grant from the Beaux-Arts de Paris in 2024. That same year, she was also nominated for the Ellipse Prize. She lives and works in Paris. She is currently in her fourth year at the École des Beaux-Arts de Paris.
Maria Adjovi’s painting unfolds like an inner narrative, woven from words, memories, and staged scenes. Her work takes root in fragments of affect-laden experience, transformed through a patient and intuitive pictorial process. While autobiographical in part, this narrative becomes a space of exploration, reflecting the artist’s ongoing questions about her own presence in the world. She speaks of a “moral sense of life,” one that weighs on her—the subtle weight of our contradictions, beliefs, and responsibilities as human beings. Her canvases seek to grasp the density of that condition, made of faith, attachments, impulses, and doubts. This inner tension emerges through figures bathed in light, through a pictorial gesture where erasure is as vital as appearance.
Adjovi builds her images slowly, through a form of visual writing nourished by photography, literature, and art history. Her characters seem to rise from another time—both distant and familiar—in a warm, veiled light. Using oil paint, Maria Adjovi creates scenes where transparency and depth give rise to a veiled, muted atmosphere. Gradually, contours soften, bodies dissolve into light, and the image emerges through delicate gestures that recall the sfumato of Italian Renaissance painters.
She speaks of offering a form of truth—not one that is grand or demonstrative, but one that is felt: a truth revealed in the eyes, in silence, in the fragile vibration of presence. Through her process of erasure and recommencement, Maria Adjovi invites us to slow down, to contemplate, to make room for what does not impose itself, but endures.
Instagram: https://www.instagram.com/mariaadjovi/

